Instagram tue-t-il ta créativité ?

Instagram et les réseaux sociaux tuent-ils la créativité en uniformisant nos conceptions de l’esthétisme et en nous poussant à devoir poster toujours plus ?

Poster toujours plus de contenu engageant en dépit de la qualité.

Tuent-ils ainsi l’essence artistique ?

Instagram ou l’uniformisation de masse de l’esthétique et du « beau »


Instagram a redéfini nos idéaux de beauté et a uniformisé nos conceptions de l’esthétique dans tous les domaines de nos vies.

C’est particulièrement flagrant quand il s’agit de beauté physique mais aucun domaine n’y échappe : du voyage au café en passant par le green lifestyle ou encore le business en ligne.

Peu importe ce que tu cherches sur Instagram, tu pourras constater qu’il y a une grosse tendance à l’uniformisation du contenu et de son esthétique.

Highway to art : Instagram uniformise l'esthétisme - Café
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Highway to art : Instagram uniformise l'esthétisme - Corps

Où sont passées la diversité et la créativité ? Sont-elles personæ non gratta sur les réseaux sociaux ?

L’injonction à créer un feed Instagram cohérent


Ce n’est un secret pour personne, si on veut attirer et fidéliser des followers sur Instagram, il est recommandé, voir primordial de réunir deux choses :

  1. Une thématique claire pour son compte
  2. Un feed cohérent

Un feed cohérent, qu’est-ce que c’est exactement ?

C’est feed avec une identité graphique et visuelle forte et cohérente. C’est-à-dire que l’image que tu t’apprêtes à poster ne doit pas être trop différente de la précédente ni de la suivante. C’est ainsi qu’on se retrouve avec très jolis feeds dont toutes les images ou presque ont la même composition, le même sujet, la même lumière et les mêmes couleurs.

Cela a un but très simple : fidéliser le follower en lui proposant un univers maîtrisé qui lui plait. Ainsi, il a la garantie de rentrer dans un univers qu’il connaît et qui lui procure diverses émotions. Si tout à coup tu venais à poster quelque chose de totalement différent, il ne comprendrait pas ce qu’il passe. Au mieux, tu gagneras son attention, au pire il ne comprendra pas ce qu’il se passe et s’en ira.

Mais là où tu risques de le perdre c’est si tu postes des choses trop différentes les unes des autres. Si ton follower ne comprend pas où tu veux l’emmener parce que tu lui proposes des univers trop nombreux et trop différents les uns des autres, il ne pourra pas s’identifier à ton contenu. Tu n’arriveras donc pas à la fidéliser.

Est-ce que tous ces codes ne tueraient pas la créativité en ne laissant que très peu de place pour la diversité et l’exploration artistique ?  

Poster toujours plus pour continuer à exister


Ensuite, il y a un autre paramètre à ne pas négliger si tu veux te constituer une audience fidèle et engagée sur Instagram : c’est la fréquence de tes publications.

Il faut que tu sois présent sur la plateforme, de manière régulière et constante si tu veux que l’algorithme travaille pour toi. Plus tu vas poster du contenu engageant, plus tu vas capter et retenir l’attention des gens, plus l’algorithme fera remonter tes publications. Tu profiteras de l’effet boule de neige.

Tu dois poster, certes mais il faut que tu postes du contenu engageant. Du contenu qui suscitera des réactions auprès de tes followers sous peine de voir tes images disparaitre dans les méandres d’internet. Et quoi de plus engageant que le contenu que tes followers aiment déjà ?

Tu dois produire, beaucoup et tu dois engager. Alors, par facilité mais surtout parce que ça marche, tu te retrouves à créer toujours la même chose et tu t’englues dans ta zone de confort.

Pour être certain de ne pas perturber le follower et le pousser à l’action, certains artistes présentent toujours le même sujet ! Oui, le même sujet, dans le même style, plusieurs fois par semaine ! En tant que créateur ça doit être excessivement ennuyant voir frustrant de devoir créer toujours la même chose.

Et je dis bien devoir. C’est presque devenu une obligation si le créateur veut continuer à exister.

Highway to art : Instagram : la pression de devoir créer du contenu engageant
Highway to art : Instagram : la pression de devoir créer du contenu engageant
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Le confort peut te tuer !

Dave Rapoza

La peur de décevoir sa fanbase


Cette réflexion a trouvé sa genèse en octobre dernier durant le challenge Inktober.

Je suivais les productions des artistes que j’aime et notamment celles de Loish. Le 12 octobre 2019, le thème d’Inktober était : dragons. Mais un dragon, ce n’est pas ce que Loish a dessiné ce jour-là.

Et elle nous explique pourquoi :

« C’est le douzième jour d’Inktober et le thème officiel était dragon ! La semaine dernière j’ai vu une interview très intéressante de Terry Whitlatch dans laquelle elle expliquait comment elle étudie l’anatomie d’animaux réels avant de créer des versions stylisées et imaginaires de ceux-ci. Puisque je n’ai pas encore d’expérience avec les dragons, j’ai décidé de faire quelques études de leur version réelle : les lézards ! Et plus particulièrement les iguanes. Maintenant, je suis un peu plus proche, d’un jour dessiner un dragon d’imagination. »

Et c’est bien cette dernière phrase qui me dérange. Car ce que je perçois c’est de l’auto-sabotage. Après tout, elle nous dit bien qu’elle aimerait, un jour, dessiner un dragon d’imagination.

J’imagine qu’elle a peut-être eu peur de ne pas réussir à produire un dessin qui soit de la même qualité que ses productions habituelles. Ce qui aurait été totalement compréhensible puisque elle n’a pas l’habitude de dessiner des dragons. Mais est-ce que ça aurait été si grave ? Elle s’est privée d’une occasion de sortir de sa zone de confort et de laisser libre court à son imagination. Elle a manqué une occasion de se surprendre.

Quand j’ai lu son post ce jour-là, je me suis dit que c’était dommage. Finalement, rester dans sa zone de confort c’est une forme d’auto-sabotage. Ça nous empêche d’explorer, d’être créatifs et de se découvrir de nouveaux goûts et nouveaux talents.

Pour aller plus loin, je t’invite à écouter le podcast. J’y étoffe ma réflexion.

Je t’y parle de la vision de Dave Rapoza sur le sujet.

Enfin, je te partage le mal être de Whdoodles, un artiste qui se trouve en burn out parce qu’il n’arrive plus à concilier l’art qu’il aimerait réellement créer de celui que sa communauté veut voir.

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